Imagine-toi dans au bord d’une rivière.

Tu assistes à une conversation animée.

 

D’un côté, il y a une Guerrière fougueuse.

Elle veut se débarrasser des peurs qui la limitent pour réussir à prendre sa place et réaliser ses rêves comme elle l’entend, enfin.

Elle rage de ne pas y parvenir malgré tous ses efforts et ne comprend pas pourquoi. Elle lutte contre le découragement.

 

De l’autre, c’est une Guerrière pacifiée qui lui partage son expérience.

 

1.[Frustrée] Je ne comprends pas. Dans cette situation, je n'ai AUCUNE raison d'avoir peur...

Ok, c’est vrai, tu n’as pas de lion qui te souffle son haleine chaude et faisandée dans le cou…

Pas non plus de fou furieux qui te braque avec une arme et te regarde de ses yeux injectés de sang

Encore moins de violeur qui menace de s’en prendre à ton intégrité physique en te menaçant d’un couteau finement aiguisé

Et ça tombe bien, tu n’es pas non plus à Guantanamo sur le point de te faire torturer au mépris des droits humains élémentaires…

 

Tu n’as donc aucune raison EXTERIEURE d’avoir peur.

Mais intérieurement, ce que cette situation réactive comme mémoires, le sais-tu ?

>> Lire aussi : Tous ces symptômes de peur qu’on m’a demandé d’ignorer

2.[Enervée] Arrête ! Les peurs, ce n'est pas la réalité ! Tout le monde le sait !

Il faudrait que l’on s’entende sur la notion de « réalité » d’abord… de quoi parles-tu ?

Du monde qui nous entoure tel qu’il pourrait être filmé par une caméra ? ou bien ce que l’on en perçoit au travers du filtre de nos croyances et de nos expériences personnelles ?

Dans ce cas, le vécu de chacune étant différent et la culture variant selon les pays, ce que nous appelons « la réalité » ne sera pas identique pour chaque personne !

 >> Lire aussi : Si tu traites les peurs comme ta belle-mère, t’étonnes pas qu’elle te fasse chier

Ce que tu appelles « la réalité », c’est donc juste ce qui se passe à l’extérieur de toi ?

Que fais-tu de ce qui se passe à l’intérieur de toi, de ce que tu ressens et des pensées qui te traversent ?

3.[Incrédule] Non, mais les peurs, c'est juste dans la tête...

Pas seulement. J’ai personnellement ressenti plusieurs fois la peur s’emparer de mon corps avant même de comprendre d’où elle venait et ce qui la provoquait. Tout simplement parce que mon corps avait gardé la mémoire de cette peur, qu’un élément extérieur avait réactivée sans que j’en sois consciente.

 

Tu sais, le corps n’oublie rien et garde une trace de tout ce que nous avons vécu de traumatisant qui est non résolu.

Que ce soit conscient ou non <== C’est seulement ce bout-là qui est dans la tête.

 

Notre corps garde donc une trace au niveau cellulaire de chaque peur non résolue et non dissipée, « au cas où », comme un mécanisme de survie.

Les traumas s’inscrivent sur l’ADN et peuvent être transmis sur plusieurs générations (viol, famine, génocide…).

>> Lire aussi : La peur n’est pas irrationnelle, c’est un trauma stocké dans le corps

 

Heureusement, on peut libérer nos peurs même à un niveau cellulaire. Et ce n’est pas qu’une question de volonté. #SiSeulement

4.[Résolue] Tu plaisantes ! C'est pourtant simple : quand on veut, on peut !

Aaaaah, c’est beau la fiction ! #PsychoPop

D’abord, 95% de nos pensées sont issues de l’inconscient, sur laquelle notre volonté n’a pas de pouvoir, quand bien même on essaierait de toutes nos forces. #EtMerde

Ensuite, si notre système d’alarme interne s’est déréglé suite à un traumatisme, ça ne fonctionne pas non plus.

Et en plus, si notre biologie interne pédale en plus dans l’autre sens, notamment avec le traumatisme qui s’est inscrit sur l’ADN au niveau cellulaire, la seule volonté n’est pas suffisante pour transmuter tout ça…

>> Lire aussi : La puissance d’une impuissance patiemment habitée

 

5.[Pensive] Ouais, c'est vraiment une saloperie les peurs. C'est pour ça qu'on doit s'en débarrasser.

C’est vrai que ce serait super tentant de tout jeter pour être tranquille. #BonDébarras

Sauf que les peurs font partie intégrale de notre structure inconsciente.

Vouloir les extraire de notre inconscient équivaudrait à supprimer notre colonne vertébrale et ce qui constitue notre personnalité. #AttentionMollusque

La religion nous a fait croire qu’il y avait des ennemis à l’intérieur de nous, dont il fallait se méfier et contre lesquels nous devions lutter pour nous améliorer.

Mais c’est faux.

Ce qui est là a sa raison d’être, maintient un équilibre.

>> Lire aussi : Lettre ouverte à toutes ces peurs que je ne vaincrais jamais

 

6.[Horrifiée] Ah non ! Mes peurs me gâchent la vie. Quand j'en aurais fini avec elles, je serai enfin libre et heureuse.

Dans ce cas, tu seras libre et heureuse quand tu seras morte… #Oups #DésoléeDêtreDirecte #CestSortiToutSeul

As-tu déjà envisagé la possibilité que tu puisses te sentir libre même AVEC tes peurs ?

7.[En proie au doute] Hmmm, juste si je suis capable de faire taire mon mental pour ne plus avoir peur alors. Mais j'arrive pas à trouver le bouton pour l'éteindre...

Tu peux essayer… mais les peurs, c’est un peu comme un enfant de 4 ans qui veut que sa mère l’écoute.

Il va appeler « maman » de plus en plus fort jusqu’à hurler pour se faire entendre !

Donc si tu refuses d’écouter ce que ta peur te dit, elle va le répéter de plus en plus fort. Et donc te faire de plus en plus peur.

 

Finalement, il ne s’agit pas tellement de trouver le bouton pour éteindre le mental plutôt que d’accepter de se déboucher les oreilles… 

Par contre, je n’ai pas dit qu’écouter ce que notre peur veut nous dire signifiait « lui obéir » !

8.[Pleine d'assurance] Ok, donc finalement, le courage ça consiste à dominer sa peur...

Nope.

Pourquoi toujours voir les choses en terme de rapport dominant/dominé ? #PasSiSimple

Ne connais-tu pas d’autre moyen d’être en relation ? d’égal à égal par exemple ?

Où est l’empathie pour la part de toi qui a peur ? la compassion ? l’amour ?

 

Si tu focalises ton énergie et ton attention pour dominer les aspects de toi qui ont peur, ça ne finira jamais !

Non seulement ça te prendra beaucoup d’énergie, mais tu auras toujours peur d’être faible et que d’autres puissent te dominer à leur tour.

 

Je t’en parle par expérience.

A une époque, j’avais tellement appliqué cette logique de dominer ma peur et de la vaincre que je craignais de me faire piétiner à la seconde – je dis bien à la seconde – où j’allais déposer les armes pour me reposer.

Même si je me sentais épuisée avec tout ça.

Même si, rationnellement, je savais que ça n’avait pas de sens.

 

Mais cette sensation me prenait tellement aux tripes que je ne savais pas comment faire autrement que ce que je faisais déjà.

9.[Incertaine] Mais on doit quand même vaincre ses peurs, non ?

Non.

Cette bataille qu’on m’avait dit de mener était en fait un mensonge, une illusion.

ça peut marcher sur le court terme, sur certaines peurs, je l’ai vérifié moi-même.

Mais pas sur le long terme.

 

Et puis une bataille, ça veut dire un gagnant et un perdant.

Comme nos peurs font partie de nous, que ça nous plaise ou non, ça veut dire une guerre intérieure.

Si tu fais la guerre à tes peurs, tu te fais la guerre à toi-même. #PerdanteATousLesCoups

 

En plus, nos peurs viennent de nos blessures, ça veut dire faire la guerre à nos blessures

Faire la guerre à ces parties de nous qui ont le plus besoin d’être soignées avec amour, en y mettant de la bienveillance, beaucoup d’attention et de temps.

Inhumain, n’est-ce pas ?

 

ça m’a pris un moment avant de comprendre que ce n’était pas elles ou moi mais elles ET moi.

Ce serait dommage que tu fasses la même erreur.

 

>> Voir article : Lettre ouverte à toutes ces peurs que je ne vaincrais jamais

10.[Perplexe] C'est pas un peu lâche, quand même, de ne pas combattre ses peurs ?

Au contraire !

Combattre, c’est faire preuve de peur.

C’est fermer son coeur et chercher à dominer parce qu’on n’a pas confiance en notre capacité à faire face autrement à ce qui se présente.

C’est refuser la réalité telle qu’elle est parce qu’elle ne nous plaît pas. Chercher à la changer de force pour ne plus se sentir impuissante.

 

Par contre, regarder la réalité en face avec curiosité et humour

Ouvrir son coeur pour l’accepter même si elle n’est pas à notre goût…

Agir différemment d’avant non plus par peur, mais par respect et amour pour soi

ça demande bien plus de courage que de se battre…

Et beaucoup moins d’énergie aussi…

Au lieu d’y aller en mode « bulldozer », on y va alors en finesse.

 

C’est plus durable, sans retour de bâton de la part de l’inconscient.

Avec toute notre sensibilité à la beauté du monde retrouvée, nous pouvons profiter de la vie en paix et avec légèreté.

Plus besoin de se battre…

 

11. [Curieuse et pleine d'espoir] Plus besoin de se battre ? Profiter de la vie en paix ? et me sentir légère... oh, c'est ça que je veux ! Tu fais ça comment exactement ?

Attention ! Je ne dis pas que j’ai trouvé LA solution, puisqu’elle n’existe pas.

Mais j’ai trouvé MA solution, quelque chose qui m’aide à vivre joyeusement mon quotidien, AVEC mes peurs quand elles arrivent.

 

Peut-être que c’est une solution qui te conviendra à toi aussi ?

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