2 Août 2019 | Conflits intrapsychiques

Lettre ouverte à toutes ces peurs que je ne vaincrais jamais

Temps de lecture estimée : 7 minutes

Vous avez gagné ! J’abandonne. Je n’en peux plus… #BandeDeSangsues Je continuerai bien encore à vous combattre, mais je n’en ai plus les moyens. Ni physiques, ni psychiques. S’il y avait un niveau -8 000 à l’estime de soi, j’y serai. #UnPetitBonjourDelEnfer Pourtant j’ai tout essayé !

La douceur, la force, la persuasion, la ruse, le déni, la banalisation, la rationalisation, l’insensibilisation de mon corps, la coupure avec mes émotions…

Mais rien n’a fonctionné.

Vous résistez à tout… et surtout à moi.

Alors je vous en veux.

Je vous en veux de m’en avoir fait autant baver, toutes ces années. #BandeDeLimaces

Tous ces efforts que j’ai faits… pour si peu de terrain gagné !

C’est vrai qu’il y a quelques belles victoires que j’ai pu célébrer. Mais à quel prix ?

Et pour combien de défaites ?

Je ne compte même plus les fois où j’ai ressenti du dégoût pour moi quand je vous voyais revenir, encore, alors que j’avais cru m’être débarrassée de vous.

Tout ce mal je me suis donné… mais au nom de quel idéal ?

En fait, je vous en veux… et j’en veux aussi à tous ceux qui m’ont dit que « Quand on veut, on peut ». #PsychoPop #TaGueule

Parce que moi j’ai voulu.

De toutes mes forces… et même de celles que je n’avais pas.

Je me suis raisonnée.
Je me suis battue.
Je me suis épuisée.
Je me suis arraché les cheveux.
Je me suis engueulée.
Je me suis fait violence, encore et encore… pour me « renforcer ». #ChefOuiChef
Je me suis maltraitée.
Je m’en suis voulu d’échouer.
J’ai culpabilisé.
J’ai eu honte de moi.
J’ai souhaité être quelqu’un d’autre.
Je me suis niée.
Je me suis abandonnée…

J’en ai perdu le sourire.
J’en ai perdu ma douceur.
J’en ai perdu ma joie de vivre.
J’en ai perdu la capacité d’aimer ce qui est là, tout simplement.

Je me suis rêvée amazone de vous, mes peurs… pour finir votre prisonnière.

Raclée jusqu’à la moëlle, sans plus rien à offrir que cette colère qui grondait en moi contre ce que je n’étais pas capable de devenir.

Mais là, je ne suis plus capable de devoir alterner entre prendre les armes pour me battre, les déposer pour pleurer, puis les reprendre à nouveau dans un cycle sans fin ni répit.

J’aspire à autre chose qu’à la guerre perpétuelle : je veux vivre en paix.

Simplement.

Même si vous êtes là.

 

Et tant pis si quelques-unes d’entre vous restent à « squatter », un peu comme ces petits bourrelets qu’on garde avec soi tout le reste de sa vie. #LeGrasCestLaVie

Tant pis si mon psychisme n’est pas « photoshopé » comme celui des motivateurs que je vois passer sur internet. #Humilité #Vulnérabilité #Erreur404

Tant pis si certains trouvent que je suis faible, que j’ai baissé les bras, que je suis une victime. #OccupeToiDeTonC…Stp

>> Lis aussi : Tous ces symptômes de peurs qu’on m’a demandé d’ignorer

A chaque fois que je me montre curieuse de vous, vous m’éclairez un endroit où je dois davantage m’aimer.

C’est d’ailleurs toujours un endroit de moi que j’ai tendance à trouver vulnérable ou moche, un peu comme certaines vieilles blessures ou certains « défauts »…

Alors j’ai commencé à m’aimer à ces endroits-là, même si ce n’était ni glamour ni glorieux. #JaiPasMisçaSurInsta

Mais de toute façon, je n’avais pas vraiment le choix : c’était là… et puisque je n’avais plus la force de me battre, la seule chose que je pouvais faire sans m’épuiser, c’était d’ouvrir mon coeur.

 

Un jour à la fois, on a fait la paix.

Ou plutôt : un jour à la fois, J’AI fait la paix avec moi-même.

J’ai accepté que vous soyez là… pour quelques semaines, quelques mois, quelques années… ou jusqu’à ma mort. #PermisDeSquatterAccordé

J’ai abandonné le combat contre vous.

Définitivement.

Et j’y ai gagné au change. #Transformation

Vous, mes peurs, vous m’avez appris à m’aimer… inconditionnellement.

Merci

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« Quelque chose manque » : voilà ce que je me dis quand je commence à lire sur les peurs en 2016.

Puis ça se transforme assez vite en la conviction qu’on « manque l’éléphant au milieu de la pièce ».

Quel éléphant ?

Quelle pièce ?

C’est ce que je vais révéler ici.

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