arreter la guerre interieure ; vaincre ses peurs ; Blandine Ladouceur

La douceur, c’est hardcore

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Contrairement à ce que je croyais, la douceur, c’est super inconfortable.

C’est sans doute parce que j’avais aucune idée de ce que c’est vraiment.

Ma vision (erronée) de la douceur

Avant, c’est-à-dire il n’y a pas si longtemps (quelques mois à peine), pour moi la douceur c’était un mélange de moelleux et de monde des bisounours.

Vivre dans la douceur, je voyais ça comme me promener en robe vaporeuse parmi les petits nuages rose-barbe-à-papa, me vautrer dans un siège mi-coussin mi-tas de plumes, et sentir un petit vent doux caresser mon visage.

Dans un premier temps, ça ne m’a pas intéressé du tout. Je trouvais ça trop « fifille ».

Puis, les années passant, la fatigue de me battre contre moi-même aidant, j’ai commencé à faire les yeux doux à la douceur et me dire « Pourquoi pas ? »

Je pensais alors, à tort, que ce serait le repos de la Guerrière que j’étais.

Mais je confonds douceur et mollesse

L’une de mes réticences à la douceur, c’était de tomber dans la « bénie-oui-oui », la fille vaporeuse un peu idiote qui est gentille avec tout le monde et se laisse marcher sur les pieds, incapable de se faire respecter (genre la soeur de la reine de coeur dans le dernier film « Alice au pays des merveilles »).

 

Pour moi, la douceur c’était un peu comme un laisser-aller enchanté où le monde entier était repeint aux couleurs de « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ».

Or ce n’est pas du tout ça.

La douceur, c’est plus dur que je croyais

La première surprise que j’ai, c’est que la douceur, je n’arrive pas à y rester longtemps.

C’est vrai que j’ai quelques moments de grâce où je ressens tout le côté fluide de la vie (et c’est ça que je recherche).

Par contre, très vite, des envies de résister à ce qui m’arrive refont surface.

Quand j’étais dans le combat perpétuel contre mes peurs, à tenter de faire taire tout ce qui ne m’arrangeait pas dans mes ressentis, je n’avais jamais pris conscience de tous ces micro-combats que je mène plusieurs dizaines de fois par jour.

Mais là, quand j’essaie consciemment d’être dans la douceur avec moi-même, je sens tout à coup se manifester une armée de petits soldats à l’intérieur de moi qui partent chacun leur petite mutinerie dans leur coin.

C’est comme si, en moi, au fil de la journée, débarquait à intervalles réguliers soit un petit morveux excité qui mouline des poings en mode « Tu veux t’batt’ ? Tu veux t’batt’ ? », soit un gamin fâché qui tourne le dos en disant « Je suis contre ! » et retient sa respiration jusqu’à ce qu’il lui arrive quelque chose (un peu comme le fils des Ibères dans la BD d’Astérix).

Me voilà donc avec une cours d’école intérieure que je dois gérer sans arrêt et qui me prend un temps fou.

Fantastique ! (ironie)

Passer à l’action, c’est plus facile !

Me voilà qui regrette ce temps où je ne me posais pas de questions : je rassemble mes énergies, je rentre la tête dans les épaules et je fonce dans le tas !

Propre, rapide, efficace… du vrai boulot quoi !

A ce moment-là, je fais taire le morveux et le gamin fâché, tout le monde rentre dans les rangs en se taisant.

Mais là, quand j’essaie d’être dans la douceur, c’est-à-dire dans la non résistance à ce qui est et la connexion à moi-même, c’est bien trop souvent la mutinerie à mon goût. ça crie partout en moi et c’est le chaos.

Moi qui croyais que la douceur allait m’amener la paix !!!

C’est « juste » que j’ai oublié une étape

C’est que je ne peux pas passer du chaos à la paix sans une période de transition.

Cette transition, c’est plus inconfortable que la guerre que j’entretiens en moi et autour de moi, car c’est un chaos inconnu (contrairement à la guerre interne, qui est une dictature à laquelle je suis habituée).

 

Je n’ai plus mes repères, alors je prends peur.

Les vieilles habitudes reviennent avant même que j’ai le temps de comprendre ce qui se passe : mon corps se déconnecte et le contrôle revient illico-presto à Kiki, mon mental sous stéroïdes.

 

Je suis tellement habituée à cet état que je mets le plus souvent plusieurs heures, voire plusieurs jours, à me rendre compte que je ne suis plus connectée à moi.

Je trouve ça vraiment difficile à encaisser de constater combien j’ai du mal à rester connectée à mon être, à m’apporter la bienveillance et l’écoute dont j’aimerais être capable.

Comme si cet amour que je veux m’apporter à travers la douceur, c’était trop, trop vite.

La douceur, c’est un haut voltage d’amour dont je ne sais pas (encore) supporter la puissance

Cette phrase que tu viens de lire, elle est montée spontanément. Je dois la relire plusieurs fois pour bien comprendre ce qu’elle veut dire. Et quand c’est fait, quand je mesure l’étendue de ce qu’elle implique, elle me reste en travers de la gorge et le trop-plein sort par mes yeux.

Je reste pensive quelques instants, le regard dans le vide.

Tu m’étonnes que je trouve que la douceur, c’est hardcore !

En fait, c’est rester connectée à moi à chaque instant pour m’apporter ce dont j’ai besoin qui l’est !

C’est sûr qu’il y a une histoire d’habitude : plus je vais le faire, plus ce sera facile et plus ça tiendra longtemps.

Mais c’est plus que ça.

Cette douceur, au lieu de vouloir la porter en étendard, je vais devoir l’habiter.

Rien qu’écrire ça, ça me semble un immense défi.

C’est bien beau de m’appeler « Ladouceur », mais je vais devoir faire descendre tout ça encore un peu plus dans mon coeur, un peu plus dans mon corps.

Plutôt que de monter au combat, ce qui est si facile pour moi, calmer ces aboiements internes pour écouter ce qui n’ose pas se dire en arrière.

Et si jamais tu veux un rendez-vous pour que je te partage mes secrets pour y arriver (là où j’en suis rendue aujourd’hui, moi qui ne prétends pas être « arrivée »), écris-moi ici.