Je reste interdite sur ma chaise de longues minutes. #AirAhuri

 

C’était sensé être une banale consultation de naturopathie.

Je devais repartir avec une prescription de tisanes ou autres plantes en gélules.

 

Mais là, je reste scotchée sur une question, même si l’entretien est terminé :

 

« Faites-vous du spoting* ? » #WTF

 

*spoting : petites tâches marron dans la culotte, des traces de sang provenant de l’utérus

 

Ce corps que je préfère oublier

 

Pas que cette question aie changé ma vie… #CielNon

 

Mais c’est la réponse à la question du « ça veut dire quoi si je fais du spoting ? » qui me plonge dans un abîme de réflexions : « Si vous en faites avant vos menstruations, ça pourrait vouloir dire que vous avez un excès d’oestrogènes à ce moment-là. »

 

Quoi ?

Mais je croyais juste que c’était quelque chose de normal ! #UnProtègeSlipEtCestFini

 

Je n’en reviens pas… je n’avais jamais réfléchi plus loin que la réponse (simpliste) qu’on m’avait donnée !

 

Comment ai-je pu ne pas penser qu’il pouvait s’agir d’un signal (important) envoyé par mon corps ?

 

Oui, mon corps, cet organisme ultra-perfectionné par des milliers d’années d’évolution.

 

Après tout, même si ce n’est pas grave, ça veut dire quelque chose. #MonCorpsMeParle

 

Et moi, je me suis juste arrêtée à « On s’en fout, c’est pas grave ». #Tssssss

 

Sans doute parce que personne ne m’a incité à pousser plus loin mon exploration. Quand mon corps m’envoie des messages qui sont qualifiés de « pas graves » par mon entourage ou le dieu Google, ça redevient aussitôt un non-sujet.

 

Sans doute aussi parce que personne ne m’a éduqué sur le fait de porter attention aux signes que mon corps m’envoie. #SaufSiCestGrave

 

Pour être honnête, mon corps est un non-sujet la plupart du temps… jusqu’au jour où ses dérèglements deviennent un peu trop évidents et problématiques. Alors là, je m’en occupe.

 

Mon corps passe donc d’un non-sujet à une source d’emmerdements. #Charmant

 

Pas étonnant que régulièrement il prenne le mégaphone pour me parler tellement je suis bouchée !

Tous ces symptômes de peur qu’on m’a demandé d’ignorer

 

Le lien que je fais tout de suite avec la peur, c’est à propos de toutes ces fois où on m’a demandé d’ignorer ce que je ressentais.

 

Toutes ces fois où les autres m’ont fait minimiser mes perceptions et m’ont fait croire qu’elles étaient fausses.

Toutes ces fois où on m’a même ridiculisée pour cela !

 

Parce que, voyons, il n’y a AUCUNE raison d’avoir peur ! #QuilsDisent

 

Tous les signaux de cette machine de perfection qu’est mon corps, on m’a dit qu’ils ne sont pas valables ! Qu’ils étaient une illusion !

 

Sauf, bien-sûr, si la situation a l’air grave pour eux aussi. #DansCeCasLàçaCompte

Mais juste moi, non.

 

Et j’ai fini par les croire !

J’ai fini par croire leurs paroles plutôt que la vérité de mon corps. #JeNeVeuxPasAvoirLairFolle

 

Car il y a un enjeu vital pour moi : conserver l’appartenance au groupe. Ne pas me faire mettre dehors. Ne pas perdre les liens avec les personnes qui sont importantes pour moi. #MêmeSiEllesMeNégligent

 

Cette peur du rejet et de l’abandon, même si je ne suis pas capable de mettre consciemment des mots dessus, elle prend le pas sur tout le reste. Y compris ce que je ressentais l’instant d’avant.

 

Après tout, n’est-elle pas plus « réelle » cette menace, et son effet plus dangereusement certain que ce qui m’a traversé quelques instants auparavant ?

 

Alors, pour ne pas perdre le lien aux autres, c’est le lien à moi que j’ai rompu. #Ouch

 

Je ressens une tristesse infinie à écrire cela.

Quand je pense à toutes ces années où j’ai vécu loin de mon corps, alors que c’est littéralement ce qui est le plus proche de moi !

 

Pour ne pas être exclue et rejetée du groupe, c’est mon corps que j’ai rejeté.

Mais maintenant, c’est fini. Je lui donne la priorité.

Je termine par un poème qui m’a été inspiré par la vibration du titre de cet article :

VIVRE MA VÉRITÉ LIBREMENT

Je me sens mal et mal à l’aise

Et ne suis plus que confusion…

Peux-tu m’aider à dissiper mon malaise

Quand je ne comprends plus mes réactions ?

Au lieu du réconfort attendu, j’ai droit à une douche froide

Tu minimises mes perceptions d’enfant, qualifiées de fadaises

Je serais seulement le jouet naïf de ma fertile imagination.

Tu assènes ces vérités comme on récite la catéchèse :

De n’avoir peur, il n’y a aucune raison.

Devant tant d’assurance d’adulte, j’hésite à me donner crédit

Tu sembles être tellement sûr de tes conclusions…

Pourtant… ignorer mes sensations, n’est-ce pas là du déni ?

Mais l’évidence est là : devant moi, point de lion

Comment justifier alors du danger ressenti ?

J’en conclus que mon corps doit avoir tort

Car ta tête bien pleine clame qu’elle a raison

Je laisse tes mots être plus forts

Que des milliers d’années d’évolution.

La compassion m’étant interdite

J’étouffe ma relation à ce corps boîte de Pandore

J’embrasse par dépit la rationalisation bénite

Source de moins de mépris et d’inconforts.

Après des années, la pression interne est tellement forte,

Qu’elle fait sauter le bouchon de cette répression du dedans

Mon corps exigeant la tête de cette tyrannie dévote

Qui nie les lois les plus élémentaires du vivant.

J’apprends à écouter mon corps, intensément là au présent

Sans m’encombrer de tes fausses vérités qui ont fait leur temps.

Je ressens à nouveau la puissance et l’ancrage qui me manquaient tant

Par l’autorisation retrouvée de vivre librement ma vérité du moment.

 

 

 

 

Ah, et si tu as :

– les cheveux qui graissent 

– syndrome prémenstruel important

… ça pourrait être le signe d’un dérèglement du foie d’après ma naturopathe. #DeRien

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