Une magnifique femme, que j’ai la chance d’avoir comme amie : Claire D’eau (1), m’a lancé il n’y a pas si longtemps l’idée suivante :

Je sais que ça a l’air un peu « pété », mais je te proposerais bien d’aller marcher avec ta peur. De faire comme si c’était une vraie personne qui marche à côté de toi et à qui tu parles, genre…

A l’écouter, je me suis dit que ça avait l’air cool comme idée, même si ça pouvait paraître complètement fou. Mais Claire est très connectée et a souvent de super idées alors j’ai sauté le pas. #JassumeMaFolie

Et ce qui s’est passé a dépassé de loin ce que j’aurais pu imaginer. Surtout le premier mot que la peur m’a dit…

 

La première chose qu’elle a dite – vraiment la première chose ! – c’est

Je t’aime.

Au moment où elle dit ça, je fonds en larmes. Quoi ? Ma peur me dit qu’elle m’aime ?!

 

Peur et Amour ne sont que les deux faces d’une même pièce

 

Elle a poursuivi : « Je t’aime et je suis là pour te protéger, toujours. En fait, je suis là pour protéger ce qu’il y a de plus fragile en toi. Tu sais, quand on donne l’image de Dieu qui porte quelqu’un dans les épreuves difficiles, et c’est pour ça qu’il n’y a qu’une seule trace de pas dans le sable et pas deux… en fait, c’est moi qui te porte. C’est moi qui est ton ange gardien, celle qui veille sur toi. Regarde toute cette beauté autour de toi. C’est moi qui la supporte… »

Etonnée, je lui demande : « Toi ? Je croyais que c’était l’Amour et la Conscience qui supportaient l’Univers… »

Elle sourit et me répond : « Ah mais je suis de l’Amour ! Juste de l’Amour qui n’a pas encore pu s’exprimer.« 

Lire aussi : Transmuter ses peurs en outil d’amour de soi : pourquoi et comment >>

Je ne comprends pas ce qu’elle veut dire, alors je réponds : « Comment ça ? »

« Moi, la Peur, je suis une force de préservation. Je suis là pour prendre soin de toi. Pour m’assurer que le flot d’Amour que tu reçois, tu es capable de le supporter.« 

« Pourtant, quand on a peur, on se coupe ! Et c’est ça qui nous fait perdre notre énergie et notre joie. »

« Oui. Mais tu te coupes justement parce que tu crois que tu n’aurais pas la capacité d’entretenir et de recevoir le flux d’énergie qui t’arriverait par ce canal-là. Donc tu préfères couper pour limiter la fuite d’énergie. »

Je n’en croyais pas mes oreilles, alors je lui ai répliqué : 

« Quoi ? Je me coupe parce que le flux d’énergie à absorber est trop important pour moi ? »

« Oui. »

« Et donc quand je suis capable de prendre en charge ce flux d’énergie-là, la peur disparaît ? »

« Oui. »

 

Peur et pouvoir

 

« Et pourquoi les personnes au pouvoir aujourd’hui nous font peur alors ? »

« C’est parce que eux-mêmes sont coupés de leurs propres canaux d’énergie qui devraient les nourrir. Donc pour se nourrir en énergie, ils utilisent la terreur – qui est une version pervertie de la peur – pour capter les fuites d’énergie qui proviennent de ceux qu’ils contrôlent.« 

Après cet échange, on marche un bon moment sans parler.

Comme elle reste silencieuse, je lui demande « Tu ne me dis rien d’autre ? »

Avec un clin d’oeil, elle me répond : « Je te laisse le temps de digérer un peu ce que j’ai dit. »

Nous marchons encore un peu.

 

Notre relation à la peur : victime ou guerrière ?

 

Il y a quand même une question qui me taraudait, c’est pourquoi je lui ai demandé : « Mais pourquoi est-ce qu’on reste si souvent dans nos peurs alors ? »

« Parce que c’est plus facile de jouer aux victimes(2). »

« … » (j’encaisse la phrase) #Aïeeeuuuh #çaPique

« Quand on reste dans le rôle de la victime, on évite de prendre notre responsabilité vis-à-vis de la situation et c’est parfois bien pratique. Ce n’est pas une condamnation, juste un constat. Tant qu’on reste dans le rôle de la victime – qui se soumet – ou dans celui de la guerrière – qui veut soumettre – on reste sous l’emprise de ce que vous appelez la peur.« 

« Oui mais à force de jouer à la guerrière, il y a quand même des peurs que j’ai réussi à vaincre ! »

« Bien-sûr, par certaines techniques agressives qui ont fonctionné, tu as pu arriver à certains résultats auxquels tu n’arrivais pas avant. Mais en fait, sans le savoir, tu as fait beaucoup de dégâts. Cette prise de pouvoir brutale que tu as fait a repoussé encore plus dans l’ombre les parties de toi les plus vulnérables. Elles se sont cachées encore plus loin pour ne pas être débusquées et que tu leur fasses du mal. Le refoulement est encore plus grand qu’avant...

Donc oui, tu as réussi à atteindre certains objectifs. Par contre, toutes les parties de toi apeurées qui se sont enfuies plus loin à l’intérieur de toi pour fuir la persécution que tu menais seront encore plus difficiles à atteindre maintenant. Parce qu’elles sont encore plus craintives et n’ont plus confiance en toi.

C’est pour ça que c’est quasiment plus simple de sortir de la victime que de la guerrière.

 

Sortir de la victime ou de la guerrière

 

Quand tu joues un rôle de victime, tu dois simplement donner confiance et amour aux parties qui se cachent.

Lorsque tu as été guerrière, tu dois d’abord :
– calmer les chiens de garde que tu as mis pour faire taire ce qui te faisait peur
– puis réapprivoiser les parties que tu as refoulées pour qu’elles acceptent de se montrer à nouveau
– ensuite leur donner confiance et amour.
Finalement, c’est vraiment beaucoup plus long. »

ça fait beaucoup d’infos d’un seul coup, du coup je lui dis « Ok, là j’ai besoin de digérer un peu. »

Elle rigole.

Pas après pas, je médite là-dessus… Je n’avais encore jamais vu ça sous cet angle-là. C’est fou !

 

Une autre vision de la peur à emporter en « doggy bag »

 

On arrive vers la fin du parcours.

Elle me dit alors : « Plus tu as de peurs, plus la réserve d’amour pour toi qui est inutilisée est grande.« 

« ça c’est une sacrée bonne nouvelle ! »

Lire aussi : Lettre ouverte à toutes ces peurs que je ne vaincrais jamais >>

 

« Oui. »

Encore une chose à laquelle je n’avais pas pensé…

« J’ai bientôt fini la marche. Merci pour tout ce que tu m’as enseigné. »

« Je t’en prie. Je suis toujours là pour toi. Tu peux me demander ce que tu veux, je te répondrai. »

« D’accord. Merci. » 

 


 

Je trouve ça extraordinaire tout ce que j’ai appris. Juste parce que j’ai demandé ! Du coup j’ai pris la décision de marcher seule chaque semaine avec ma peur pour qu’elle m’enseigne.

Finalement, peut-être qu’un jour j’en ferai un podcast, si on me le demande, peut-être pas. Mais c’est certain que je vais être là au rendez-vous chaque semaine.

Et puis vu tout ce qu’elle m’a envoyé comme infos inédites, même plusieurs semaines après, je suis encore en train de les digérer. Je pense que je ne mesure même pas encore tout ce qu’implique ce qu’elle m’a dit…

Et toi, qu’est-ce que ça te fait de lire ça ? Qu’est-ce qui te frappe le plus ?

Moi, personnellement, ce qui m’a scié les jambes c’est que la première chose qu’elle m’ait dit c’est « Je t’aime »… C’est bien la dernière chose à laquelle je me serais attendue ! #LaPetiteCoquine

Comme quoi… c’est toujours mieux de garder son esprit ouvert !

 


(1) Si tu veux connaître le travail de mon amie Claire D’eau, qui aide les femmes à apprivoiser leur cycle et vivre leur pouvoir féminin au quotidien, clique sur ce lien pour aller sur sa page Fb « Moonsistars » ou clique sur ce lien pour son site web

 

(2) La victime dont je parle ici n’est pas la personne encore sous le coup de l’agression, lorsqu’elle est encore perdue et dépersonnalisée par ce qu’elle vient de vivre. En fait, il s’agit plutôt de la personne qui se voit et se vit comme une victime. Donc c’est un rôle qu’elle se donne et qui la place dans le triangle dramatique de Karpman (au même titre que le sauveur et le persécuteur).

 

Attention aussi à bien différencier la responsabilité (c’est moi qui suis en charge de mes actes), de la culpabilité (c’est de ma faute).

 

 

Share This